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Parité en politique: quand les femmes peinent à s’engager

Samedi 14 Mars 2020

À l’approche des élections municipales genevoises, de nombreux partis politiques pointent du doigt la difficulté de recrutement des candidates au sein de leurs rangs. Alors que le combat pour l’égalité est au cœur des préoccupations de notre société, cette réalité pose la question de la représentation des femmes dans notre démocratie.


« Il faut se battre pour que les femmes viennent et se fassent élire » lance Céline Amaudruz, présidente de l’UDC Genève, qui dit partager le constat de la difficulté de recrutement des femmes au sein de sa formation politique. À l’approche des élections municipales genevoises et face au combat pour l’égalité, plébiscité par les citoyens, les femmes sont-elles suffisamment représentées en politique ? « Non », répond l’UDC genevoise, « mais plus les femmes seront élues, plus cela donnera envie aux femmes d’être élues ». Et d’ajouter « de nombreux combats sont encore à mener pour que les femmes puissent accéder à des hauts postes et à l’égalité salariale ». Il existe encore aujourd’hui une différence salariale de 16 % entre les hommes et les femmes en Suisse.
Selon la politologue féministe Manuela Honegger le problème est historique et vient de notre société suisse encore très conservatrice. « Il existe toujours des clivages assez traditionnels : Les femmes s’occupent des tâches ménagères et cette main d’œuvre gratuite arrange tout le monde. ». L’Office fédéral de la statistique démontre d’ailleurs que le temps passé par les mères aux tâches ménagères est de 53 heures hebdomadaires contre 26 heures pour les pères. Par ailleurs, la Suisse est, après le Japon, le pays où les femmes travaillent le plus à temps partiel. « Le temps est chronophage pour les femmes suisses. Et comme les hauts postes sont encore trop occupés par des hommes, ce sont des intérêts masculins qui sont défendus par les partis politiques ».
« Nous atteignons la parité à 40 % femmes contre 60 % hommes »
Face à ce constat, largement admis par les partis genevois, du PS au PLR, en passant par les Verts, certains partis se targuent d’avoir déjà pris des mesures destinées à atteindre la parité. « Nous devons travailler sur les symboles en mettant en avant des militantes femmes » confie Nicolas Walder, président des Verts genevois. Les écologistes ont ainsi d’ores et déjà mis en place des structures afin de favoriser l’évolution des femmes dans leurs rangs. « Nous devons éviter les réunions en soirée pour que les femmes puissent exercer leur rôle de mère et mettre en place des gardes d’enfants durant les séances » explique encore Nicolas Walder. Selon le Parti Socialiste, ces dispositions ne sont pas des nouveautés et ont été mises en place depuis longtemps. « Cela doit aussi pouvoir servir les hommes qui élèvent leurs enfants au même titre que leurs conjointes » estime son président, Gérard Deshusses. Au PS, comme chez les Verts, la parité est imposée. « Nous atteignons la parité à 40 % de femmes, contre 60 % d’hommes » révèle le président socialiste. Quant aux Verts, ils affirment atteindre la parité dans toutes leurs listes. À l’UDC par contre, c’est une autre histoire. La parité est loin d’être atteinte et « Il n’y a pas d’actions concrètes mises en place au sein de l’UDC car nous pensons que chacun peut gérer sa vie comme il l’entend », déclare Céline Amaudruz.
« Moins gonflées que les hommes »
Au PS, on n’hésite d’ailleurs pas à dire que les mesures seules ne suffisent pas et que les femmes manquent parfois de « culot » pour se présenter en politique. « Elle sont moins gonflées que les hommes, il faut reconnaître », ajoute-t-il. Des propos également partagés par l’UDC dont la présidente estime que les femmes se défendent mal « on est toujours trop dans la pudeur et on se dit qu’on va mal y arriver ». Constatation politiquement correcte ? « C’est dans notre éducation, les filles n’apprennent pas à se révolter, mais elles apprennent à plaire. Elle se tiennent bien et respectent bien les règles, alors que les garçons sont turbulents », rétorque Manuela Honegger. Cette réalité se refléterait donc matériellement sur la carrière. La présidente de l’UDC l’a bien compris et conclut : « La politique sera l’étape d’après. C’est déjà dans le travail que ça doit évoluer. »

Un manque de représentation féminine sur les listes municipales

Si selon la politologue féministe, Manuela Honegger, « la société doit suivre des mécanismes qui doivent changer à long terme », l’analyse des élections municipales 2011 et 2015 ne montre pas vraiment d’évolution du taux de femmes élues. Au niveau du conseil municipal, on observe même une diminution des candidates élues. Au niveau de l’exécutif, le taux d’élues reste à environ 30 %.

Du côté des candidat·e·s aux élections municipales à venir, Les Verts présentent à peine moins de 50 % de femmes, Les Socialistes un plus de 40 % de candidates et à droite, ce sont respectivement 35 % et 25 % de représentation féminines pour le PLR et l’UDC.

Joachim Tapia-Almosnino

L’Ecole de Iournalisme et de Communication de Genève




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