« Nous resterons dans la rue jusqu’à ce qu’elle nous appartienne »

Dimanche 6 Octobre 2019

À Lausanne, plus de 40'000 personnes ont défilé dans les rues à l’occasion de la Grève des femmes. Que désirent-elles? L’égalité entre les sexes.


Samedi 14 juin. Le grand jour est arrivé. Dans une rue de Lausanne, une jeune femme vêtue de violet presse le pas. Il ne faudrait surtout pas arriver en retard. Trichant un peu avec les règles de circulation dans la rue, esquivant les voitures, elle dépasse les piétons marchant trop lentement à son goût. Puis une rue qui monte, le dernier obstacle sur son chemin pour arriver à la place St-François. Là, une marée violette l’attend. Elle disparaît. Se fondant dans cette masse à la recherche d’autres femmes venues manifester. Toutes défendent la même cause. L’égalité entre les sexes. Chacune avec son cheval de bataille.
Un combat, plusieurs fronts
« C’est assez difficile pour moi d’entendre que les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes pour un travail équivalent. C’est complètement absurde ! » s’indigne Stephanie, Américaine dans la cinquantaine qui habite Lausanne depuis quelques années. Le changement doit commencer par là. L’égalité au travail, un point de convergence pour la plupart des femmes réunies à la Place St-François, même pour les plus jeunes. « Je me bats pour avoir les mêmes chances d’accéder à des postes à responsabilité. Ainsi que pour éviter les licenciements après la maternité et pouvoir continuer sa carrière » espère Inès, jeune femme de 22 ans venue un peu avant le début du cortège prévu à 18 heures. Ce dernier accueillera les dernières arrivantes à la gare et poursuivra son chemin jusqu’à la Place de la Riponne.
Avant de rejoindre son copain et ses amies, elle se souvient : «  Il faudrait également que les protections hygiéniques soient gratuites ou moins chères pour les femmes SDF et les étudiantes ! ». Les questions liées au corps et à la sexualité de la femme sont des préoccupations partagées par d’autres jeunes femmes. C’est le cas de Line, infirmière de 25 ans: «  Je suis venue ici pour défendre la liberté de disposer de notre corps. De faire des choix qui soient les nôtres et non ceux dictés par la société ». Ses mots se perdent dans l’agitation générale. La foule se resserre. Des personnes affluent de tous les côtés. Les pancartes et les banderoles sont ajustées. Le début du cortège est proche.
Femmes de toutes générations
En retard, le départ s’est fait attendre. Mais la marée violette est finalement lancée. « Patriarchy is ovaires », « La cup est pleine », « Délivrée, libérée, je ne simulerai plus jamais » affichent les pancartes brandies par plusieurs générations de femmes.  Des slogans sont criés dans la foule qui grandit à chaque pas. Des femmes, ustensiles de cuisine et casseroles en main donnent le tempo. Myriam, 32 ans espère le changement chez elle: «  L’égalité pour moi, ce serait vraiment à la maison. Mon mari m’aide mais ce n’est pas lui qui pense à toutes les petites choses du quotidien. Ce rôle reste quand même attribué à la femme et moins à l’homme ».
S’exprimant au nom du Collectif pour la grève dont elle est une des coordinatrices, Michela Bovolenta  s’indigne : « Ce qui me choque le plus aujourd’hui encore, c’est la violence faite aux femmes ! La violence est partout. Dans la maison, dans la rue et elle n’est pas seulement sexuelle! Elle reste très présente dans la vie d’une femme».  Celle qui participait à la première grève en 1991 alors qu’elle était encore étudiante, se trouve aujourd’hui entourée de femmes de toutes générations. Line, jeune infirmière le constate: « Les femmes de ma famille ont un grand écart d’âge mais leurs convictions sont les mêmes. Il y a un ras le bol général! ».
 

Gwendoline Walder

L’Ecole de Iournalisme et de Communication de Genève




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