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Les opposants à la loi sur la chasse dénoncent une loi ratée

Mercredi 9 Septembre 2020

Le 27 septembre prochain, les Suisses seront invités à voter sur la modification de la loi sur la chasse, combattue par des opposants qui jugent cette loi dangereuse pour la biodiversité.


« Nous allons redoubler d’efforts afin d’informer la population sur les importances de cette votation. Le 27 septembre, nous ne voterons pas pour ou contre la chasse, mais pour ou contre un affaiblissement important de la biodiversité de notre pays. Ce n’est pas pour rien si les associations qui sont en première ligne s’opposent fortement à cette loi » déclare Alberto Mocchi, président des Verts vaudois.
Le ton est donné. Car selon les organisations opposantes, c’est une loi ratée. La loi actuelle sur la chasse date de 1986. Cette dernière, définit quels animaux sauvages sont protégés, quelles espèces peuvent être chassées et quand la chasse est autorisée ou non. Une loi qui, avec la réapparition du loup en terre helvétique, nécessite aujourd’hui quelques modifications.
Résultat : Le Parlement en a élaboré une nouvelle mouture qui permettrait aux cantons de contrôler l’augmentation de différents animaux sur leur territoire, en ordonnant des tirs préventifs. Les loups sont pour le moment les principaux concernés. Mais les opposants craignent que d’autres animaux ne soient très vite ajoutés à la liste des « réglables » et que notre biodiversité ne soit que d’avantages perturbée.

Une loi dangereuse pour notre biodiversité
Pour ses opposants, il est donc incontestable que cette loi n’a rien de bénéfique pour la nature. François Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse (organisation de protection de la nature, des oiseaux et de leurs habitats) rappelle ainsi que depuis 1986, la biodiversité ne cesse de se dégrader. Le nouveau texte la menacerait davantage puisque qu’elle permettrait au Conseil fédéral d’inscrire d’autres espèces protégées sur la liste des espèces dont les effectifs peuvent être régulés via la chasse. Claire Richard, présidente du Parti vert libéral vaudois insiste: « Nul ne conteste que la loi doit être actualisée, puisque le loup ne faisait plus partie du paysage suisse en 1986. Cependant, cette loi permettrait de tuer à titre préventif.» Avant d’ajouter: « Cette loi éloignerait l’humain des animaux et de la biodiversité et avec les enjeux actuels, c’est incompréhensible».

Des arguments « simplistes »
Et ce n’est pas tout : les arguments des partisans du « oui » seraient, selon Serge Fischer, président de Pro Natura Vaud, purement et simplement « simplistes et passionnés ». Afin d’étayer ses propos, il cite un exemple: « Quinze espèces de canards sont aujourd’hui chassables en Suisse. Si la nouvelle loi passe le 27 septembre, douze de ces espèces deviendraient protégées. Le problème, c’est que 98% des tirs concernent déjà les trois espèces qui resteraient « régulables ». Cette initiative ne vise donc pas à protéger les espèces les plus vulnérables »
Et à Alberto Mocchi de poursuivre: « Les partisans vantent un équilibre, jouent sur le côté vert, écolo notamment à travers leurs affiches » Avant de raconter, pour appuyer ses dires, que l’un de ses voisins paysans l’a interpellé lorsqu’il a vu l’une de ces affiches pour le « oui » à la nouvelle loi dans son champ. Et pour cause : il l’avait prise pour une affiche… des Verts.

Un oui du côté du Parlement et de la Confédération

La Confédération et le Parlement conseillent de voter « oui » à l’initiative le 27 septembre prochain. La Confédération rappelle cependant qu’elle devra être systématiquement consultée avant qu’un tir puisse être effectué. Pour le Conseil fédéral et le Parlement, cette loi répondrait selon eux à deux préoccupations importantes: le renforcement de la protection de nombreuses espèces sauvages ainsi qu’une manière de contrôler l’augmentation de la population des loups, ce dernier restant toutefois une espèce protégée. Ils rappellent qu’entre 300 et 500 chèvres et moutons auraient été tués par des loups au cours des dix dernières années.


Le loup et les autres prédateurs: des animaux nécessaires à la régulation

Lorenzo Poglia, chargé d’affaires au WWF Suisse rappelle l’importance des prédateurs: «Dans la nature, les grands prédateurs s’occupent de réguler les espèces. On leur doit notamment la diminution de l’impact des sangliers et des chevreuils ainsi que d’autres espèces qui peuvent devenir problématique pour l’agriculture. Grâce aux prédateurs, la nature est plus résiliente. » Avant de citer des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. « Dans le canton de Vaud, les dégâts provoqués par la faune sur l’agriculture s’élèveraient à 600’000 francs par année. En une année, les dégâts causés par le loup sur l’ensemble du territoire suisse représentent 200'000 francs » .

Valentine Corthay

L’Ecole de Iournalisme et de Communication de Genève




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