Léman Express, un lancement bouleversé par la grève

Dimanche 22 Décembre 2019

Le Léman Express a été lancé ce dimanche 15 décembre dans un relatif un climat d’aigreur. Les CFF ont tant bien que mal essayé de sauver les apparences d’une collaboration franco-suisse défaillante en raison de grèves importantes en France.


Seuls 40 % des trains des lignes Léman Express ont atteint la première gare française, Annemasse. Si les Genevois semblent s’être massivement déplacés, le 15 décembre dernier, pour inaugurer les nouvelles rames du plus grand RER transfrontalier d’Europe et ses gares suisses flambant neuves, il n’en a pas été de même du côté français.
Seuls deux trains à destination d’Evian-les-Bains ont effectué leur trajet de lancement aller-retour mais aucun n’a rejoint Annecy, ni Saint-Gervais. Un triste signal pour ce projet visant à révolutionner la mobilité douce de l’agglomération genevoise et dont les célébrations étaient attendues dans de nombreuses gares françaises.
Des festivités annulées à Saint-Gervais
« Ils avaient prévu des festivités en gare de Saint-Gervais et avaient négocié un tarif combiné exceptionnel incluant train et forfait de ski pour le lancement du Léman Express. Tout a été annulé! », déplore une représentante de la région du Pays du Mont-Blanc, présente ce dimanche en gare de Cornavin. De nombreuses personnes ont témoigné sur les réseaux sociaux s’être déplacés en gare de Saint-Gervais pour y prendre un petit déjeuner offert et accueillir le nouveau RER.
« Nous sommes restés trois quarts d’heure à attendre… Aucune information ne nous a été donnée tant de la SNCF que des organisateurs. En guise de festivités, c’était une déception ». Aucun train pour Saint-Gervais n’avait pourtant été annoncé dans les prévisions de circulation parues samedi soir, en raison de la forte mobilisation des cheminots haut-savoyards.
Trois revendications
La contestation sociale qui fait rage en France depuis le début du mois de décembre ne semble pourtant pas être l’argument principal des cheminots de Haute-Savoie. À la réforme contestée des retraites entreprise par le gouvernement français et le projet de réforme de la CCT SNCF, vient s’ajouter la demande d’une prime de vie chère. Une vingtaine de de cheminots étaient présents en gare d’Annemasse dimanche matin.
Arborant des gilets et des drapeaux aux couleurs de la CGT, ils rappelaient à qui voulait bien l’entendre « qu’avec moins de 2000 euros, il est impossible de vivre dans le Grand Genève ». Du côté suisse, ces revendications semblent être plutôt comprises sur le fond mais « ils auraient dû faire ces revendications bien avant et pas à quelques jours du lancement du Léman Express », s’indigne un conducteur des Transports publics Genevois (TPG).
Les TPG pallient au manque de trains
Le tronçon jusqu’à Annemasse étant exploité par les CFF, des bus TPG ont été mandatés pour acheminer les voyageurs lésés par les grèves de la SNCF, entre les gares de Chêne-Bourg et d’Annemasse. Une situation cocasse, lorsque l’on vient d’enterrer définitivement la ligne de bus  constamment bondée par les travailleurs frontaliers habitant à Annemasse. « C’est la fin d’une galère pour de nouvelles difficultés avec l’incompétence de la SNCF » pronostique un usager. « Il aurait fallu confier l’intégralité du Léman Express aux CFF, ça aurait été une plus sage décision » conclut un mécanicien de la SNCF.

Joachim Tapia-Almosmino

L’Ecole de Iournalisme et de Communication de Genève




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