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Le vaccin contre le covid-19 n’est pas encore d’actualité

Samedi 7 Novembre 2020

À l’heure où certains Etats annoncent un vaccin contre le covid-19 pour la fin de l’année, les spécialistes mettent en garde : rien ne garantit qu’un vaccin fiable sera disponible rapidement.


« Cette course pour le vaccin est une course sans précédent. On n’a jamais rien vu de pareil » affirme Alessandro Diana, pédiatre FMH spécialisé en maladies infectieuses et enseignant à la Faculté de Médecine de l’Université de Genève. Et pour cause: en règle générale, un vaccin est développé en 10 à 15 ans. Aujourd’hui, à l’heure du coronavirus, les recherches se font en accéléré mais rien ne garantit pour autant l’arrivée d’un vaccin pour cette fin d’année.
Des centaines de vaccins à l’étude
Environ 200 vaccins sont aujourd’hui à l’étude dont plusieurs en phase 3. Selon Alessandro Diana, il se pourrait même qu’il y ait plusieurs « gagnants ». Mais devant l’impatience grandissante de la population, le pédiatre préfère tempérer: « Ce serait une grande surprise d’avoir un vaccin cet hiver, pronostique le spécialiste. À mon avis, il ne faut pas s’attendre à en avoir un avant mai, voire juillet de l’année prochaine, et cela, si tout va bien. »
La sécurité avant tout
On parle donc de quelques mois alors qu’il est question d’années habituellement. N’y aurait-il donc pas certains risques en matière de sécurité du futur vaccin? Pour Thomas Cueni, président de la Fédération internationale des fabricants de pharmaceutiques, il est important de rappeler que les firmes à la tête de ces recherches font de leur mieux afin de garantir la sécurité de chacun. L’importance des phases de développement est non négligeable. De plus, l’existence de plusieurs mouvements anti vaccins présents en Suisse exerce une certaine pression sur ces entreprises, ne leur donnant pas le droit à l’erreur, ce qui accroit les délais. Nora Kronig, responsable de la division Affaires internationales et vice-directrice de l’Office fédéral de la santé publique souligne la rigueur des lois suisses et ajoute: « Nous évoluons dans un environnement incertain, mais tous avec le même objectif: comment accélérer le processus… Mais travailler de manière rapide ne veut pas dire faire l’impasse sur les notions de sécurité ». Les possibles effets secondaires pourront, quant à eux être observés par les professionnels durant les études de stade 3 et 4 (voir encadré).
Une évolution incertaine
Et à Alessandro Diana de conclure:  « Ce n’est pas parce qu’environ 200 vaccins sont aujourd’hui en phase test qu’il y en aura forcément un de bon. Lorsqu’un vaccin se trouve en phase 3, il a 20% de chances d’être approuvé. Nous sommes donc encore dans l’incertitude. » La seule option qu’il reste afin de minimiser les risques d’attraper le virus, ce sont encore et toujours les gestes barrières.

Les différentes phases de mise sur le marché d’un vaccin

La mise sur le marché d’un vaccin est précédée de trois phases: la première concerne l’innocuité: effets indésirables, tolérance et immunogénicité. La deuxième, se compose de deux stades qui concernent pour le premier l’immunogénicité ainsi que le dosage et pour le second la « preuve du concept » . La phase 3 consiste à tester le vaccin sur des centaines voire des milliers de personnes, et permet d’étudier le rapport bénéfices/risques tout en définissant les conditions et les précautions d’emploi du vaccin. Enfin, la phase 4 aussi appelée pharmacovigilance, permet de rester attentif à tout problème lié au vaccin une fois celui-ci sur le marché.


Les Etats devront être attentifs à une distribution équitable

Hormis la sécurité, la question de la distribution se pose elle aussi: qu’en sera-t-il des quantités disponibles de vaccins au moment de sa mise sur le marché? Alessandro Diana se veut pragmatique sur ce point: « Si nous n’avons pas suffisamment de doses de vaccins pour tout le monde au départ, il faudra procéder par niveau d’importance. Un ordre des priorités sera établi ». Rashmi Banga, économiste à la Division Globalization and Development Strategies émet cependant quelques réserves: « Il sera primordial que les pays plus riches s’assurent que les pays en développement puissent eux aussi avoir leurs doses de vaccin ».
 


Valentine Corthay

L’Ecole de Iournalisme et de Communication de Genève




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