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Esther Adler, maire de Genève: "Avant tout, je vais rester moi-même"

Jeudi 18 Juin 2015

Esther Alder a remis, le jeudi 4 juin dernier au Club suisse de la pressse, le prix Press Emblem Campaign (PEC) à deux journalistes ukrainiennes. Tout juste arrivée à la tête de la mairie de Genève, elle nous donne sa vision de son année de Mairie.


Vous avez pris vos fonctions depuis seulement trois jours, avez-vous pris le temps de vous installer?
Plusieurs événements officiels ont eu lieu les trois premiers jours. Le 1er juin, j’ai tenu, tout d’abord, à rencontrer les collaborateurs du Département de la cohésion sociale et de la solidarité (DCSS) que je préside. J'ai ensuite eu une entrevue avec le personnel du Département des autorités qui sera très impliqué dans le cadre de mon année de Mairie. J’ai réalisé ensuite plusieurs interviews avec des journalistes. Le 2 juin, j’ai prononcé le discours de législature 2015-2020 du Conseil administratif devant le Conseil municipal. Et le 3 juin, ma fête d’investiture en tant que nouvelle Maire de Genève a eu lieu sur la Promenade de la Treille.
 
En quoi était-ce important pour vous d'assister à cette conférence et de remettre le prix PEC aux deux journalistes ukrainiennes ?
Je représentais la Ville de Genève, qui soutient cette année le prix Presse Emblème Campagne consacré à la situation en Ukraine avec un montant de 20'000 francs. Les organisateurs de la conférence de presse m’ont invitée à prendre la parole à l’occasion de la remise du prix. C'est un sujet qui me tient à cœur car la liberté de la presse est essentielle au bon fonctionnement de la démocratie, et je pense que les pouvoirs publics doivent tout mettre en œuvre pour la soutenir. Dans les zones de conflit, il est en particulier indispensable d’assurer la sécurité des journalistes, qui sont souvent harcelés, menacés, pris en otage et même parfois tués.
 
Comment projetez-vous cette année ?
Je souhaite mettre en œuvre une Mairie de proximité, conviviale, festive et inventive, une Mairie au service des habitants de Genève. J’aimerais notamment rapprocher l’administration de la population, et inviter cette dernière à s’impliquer davantage à la vie de la Cité. On a parfois l’impression que la société civile et le monde politique sont très éloignés l’un de l’autre, et même qu’il y a une certaine méfiance de la population envers les élus. Cette méfiance se cristallise dans un taux d’abstention élevé lors des élections et des votations. Je pense qu’il est possible de redonner confiance aux habitants, et je veux les aider à prendre conscience qu’ils ont la capacité d’agir directement sur leur vie quotidienne et de participer aux affaires publiques.
 
Vous parlez de "Mairie de proximité", comment comptez-vous vous rapprochez de la population ?
Comme je l’ai laissé entendre, cette Mairie sera l’occasion de créer des ponts entre des mondes qui n’ont pas forcément l’habitude de se côtoyer. Pour cela, nous allons organiser des "Rencontres improbables". Il s’agit de réunir autour d’une table des gens issus de divers milieux et qui n’ont pas l’occasion d’échanger. Elles permettront de faire tomber quelques préjugés et de faire naître de nouvelles idées. Nous allons aussi mettre sur pied des "Gratiferia" ou « marchés gratuits ». Le principe est simple : les gens viennent déposer des objets dont ils n’ont plus l’utilité et qu’ils acceptent de donner, sans attendre quoi que ce soit en retour. Ceux qui le souhaitent peuvent ensuite se servir, même s’ils n’ont rien à offrir. Des biens immatériels peuvent aussi être proposés, comme des performances artistiques ou musicales. Nous voulons également organiser des Disco soupes pour sensibiliser au problème du gaspillage alimentaire. Les gens s'y réunissent pour cuisiner ensemble des fruits ou des légumes invendus dans une ambiance festive et musicale, ce qui permet de créer du lien social. Les plats préparés sont ensuite redistribués gratuitement. Enfin, je veux que cette Mairie soit une occasion de me rencontrer pour toutes les personnes qui le souhaitent. Je serai régulièrement présente, dans les quartiers de Genève, pour des discussions, et la population pourra aussi dialoguer avec moi sur Facebook.
 
Quelles sont les valeurs que vous allez défendre ?
Durant cette année, je souhaite lancer une réflexion sur la notion du partage, qui imprègne de nouveaux modèles en train d’émerger, comme l’économie collaborative. Il s’agira également de réfléchir à la notion de transition, qui véhicule une vision optimiste de l’avenir et la volonté de trouver des manières de vivre plus écologiques, plus sobres et plus équitables. La culture me tient également à cœur. Selon le tournus établi par le Conseil administratif pour la législature 2011-2015, j’aurais dû être Maire durant l’année 2014-2015, mais j’ai préféré céder mon tour à Sami Kanaan. Durant l’année où Genève fêtait le Bicentenaire de son entrée dans la Confédération, il me paraissait plus judicieux que le Maire soit le magistrat en charge de la culture. Avant tout, je vais rester moi-même. C’est-à-dire à l’écoute de la population, et proche des besoins des gens.
 
Prenez-vous également en compte le caractère international de Genève ?
Bien sûr ! Le caractère international de Genève fait partie intégrante de son identité, et il est tout simplement impossible de l’ignorer. Au cours de mon année de Mairie, j’entends d’ailleurs renforcer les liens entre la Genève locale et la Genève internationale.
 
Votre élection est-elle un point positif pour la parité ?
On sait que la progression vers l’égalité hommes-femmes est réelle, mais le chemin sera encore long avant qu’elle soit pleinement réalisée. Le fait qu’une femme occupe une position politique de premier plan est un pas de plus vers la réalisation de cette égalité. Je réponds donc oui à votre question ! Cela va dans le sens de ce que je réalise déjà tous les jours depuis ma première élection au Conseil administratif en 2011 : tout mettre en œuvre pour améliorer concrètement la vie quotidienne des gens. Pendant, je n’envisage pas d’action symbolique féministe.
 
Revenons sur le scandale de la FIFA, qu'est-ce que cette affaire vous inspire ?
Miné par la corruption, le système FIFA qui brasse des millions a heureusement fini par exploser. Je suis d’autant plus choquée que le football représente un magnifique idéal pour des milliers de personnes, des jeunes notamment. On doit se poser des questions sur le contrôle et la surveillance de cet organisme par les autorités cantonales et fédérales. Le monde du football doit maintenant se réformer en profondeur dans le sens de la transparence, de l’éthique et de l’intégrité.
 

Lisa Callens


L’Ecole de Iournalisme et de Communication de Genève



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