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« Tous nos préjugés sont tombés avec le mur de Berlin »

Dimanche 8 Décembre 2019

Journaliste à Arte depuis plus de vingt-cinq ans, Sophie Rosenzweig a commencé sa carrière comme pigiste à Antenne 2, France 2 aujourd’hui. Elle a assisté à la chute du mur de Berlin, un certain 9 novembre 1989.


Vous avez personnellement assisté à la chute du mur de Berlin. Quelles ont été les circonstances de votre séjour dans cette ville?
À l’époque, j’avais 24 ans et je débutais ma carrière en tant que pigiste à Antenne 2. Le journal m’a alors informée que je devais me rendre à Berlin. Quelque chose se préparait et il fallait couvrir les événements. Étant bilingue allemand/français grâce à mon père, lui-même berlinois, j’ai accompagné une équipe de journalistes qui ne savaient pas parler l’allemand. Nous sommes restés dix jours, dont le 9 novembre, à Berlin Est.
Qu’avez-vous ressenti lors de cette journée du 9 novembre?
Au moment de l’annonce de la chute du mur, nous n’avions pas du tout conscience de ce que cet événement allait représenter à l’échelle mondiale. On sentait que c’était énorme, mais nous n’avions pas conscience que ce serait le symbole de la fin de la guerre froide, d’un changement de monde. Même toutes ces années après, je garde un souvenir très fort de cette journée. Quand vous faites le métier de journaliste, vous êtes toujours emportés par les émotions alentours. Il y a bien sûr votre conscience journalistique qui est là pour tempérer le tout mais quand les gens sur place sont emportés, vous l’êtes aussi. Ça fait partie du métier.
Comment se sont passées les retrouvailles entres les Allemands de l’Est et de l’Ouest?
Durant l’époque du mur, il y’avait un « bourrage de crâne » des deux côtés, l’autre était l’ennemi. Mais dès que le mur est tombé, on a eu l’impression que tous les préjugés étaient tombés avec. Après le passage de Checkpoint Charlie, il y’avait comme une forme de fraternisation. Les gens s’embrassaient sans se connaître. J’ai été ébahie par la soudaine volonté des allemands de former un seul peuple.
Vous avez filmé le violoncelliste Mstislav Rostropovitch devant le mur qui allait tomber. Comment s’est passé ce moment?
Rostropovitch est « LE » violoncelliste par excellence. Étant moi-même violoncelliste, je l’ai reconnu immédiatement quand je l’ai croisé dans la foule. Il était prévu qu’il joue devant le mur le lendemain, mais l’équipe d’Antenne 2 était en direct à ce moment-là. Je l’ai approché et lui ai demandé de jouer pour la chaîne. Il m’a répondu: « Je jouerais si vous me trouvez une chaise. ».  Vous pensez bien que je me suis débrouillée pour trouver la première chaise qui me tombait sous la main. C’est alors qu’il a commencé à jouer les suites pour violoncelle de Bach et nous avons eu la chance d’avoir l’exclusivité de ce moment. C’était magnifique !
Êtes-vous retournée à Berlin depuis?
Oui, j’y suis retournée. Ce qui a retenu mon attention, c’est le fait que Berlin Est a totalement disparu. Il reste les nostalgiques du mur bien sûr mais les bâtiments, les infrastructures, tout a été effacé ou refait pour ne laisser aucune trace de cette période.

Valentine Corthay

L’Ecole de Iournalisme et de Communication de Genève




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