Sibylline Meynet, dans les pas de son père...

Samedi 23 Septembre 2017

On connaissait déjà Félix Meynet, dessinateur de « Fanfoué des Pnottas », il faudra désormais se souvenir de sa fille, Sibylline. La jeune femme de 26 ans, qui vient de publier son premier album, est l'une des artistes les plus prometteuses du monde de la BD actuelle.


Quand on la rencontre lors de ses séances de signature, on est déjà frappé par ses yeux bleu clair et cheveux blonds soyeux. Ensuite, on perçoit une jeune femme vive, attachante, qui parle de son travail sur un ton à la fois posé et passionné. Le dessin et le métier d'illustratrice, elle l'a appris en regardant dessiner Félix Meynet, son père: « Le voir travailler m'a appris la difficulté du métier de dessinateur : travailler chez soi, faire son programme de la journée, faire ses propres horaires, être son propre patron ».
Voyages
Aujourd’hui parisienne, Sibylline Meynet a passé son enfance à Bellevaux, dans le Chablais, mais elle a souvent suivi son père lors des festivals de BD : « Sibylline a grandi en montagne, mais nous avons pas mal voyagé ensemble grâce à la BD, à la convention de San Diego par exemple, ce qui lui a sans doute permis de s'ouvrir à des centres d'intérêts moins rustiques que ceux de Fanfoué, forcément ! », relate Félix Meynet. Son orientation vers la BD s'est accentuée avec la rencontre d'un auteur de la blogosphère, Boulet, qui l'encouragera à persévérer dans le dessin : « Je lui ai montré des pages d'une de mes BD lors d'un festival dans le sud de la France. J'avais 13 ans et il m'a donné de super conseils après avoir regardé mes planches un petit moment », confesse Sibylline. Avec le recul, elle admet que sa production de l'époque « était plutôt moyenne », mais que les compliments de l'auteur de Notes l'ont beaucoup marquée.
L'ex-Ballavaude s'est lancée dans le monde dans l'illustration à 18 ans, après le bac, « sans avoir fait d'études ». Ses influences sont multiples : « J'aime beaucoup les artistes de chez Disney. Les illustrations des années 60 en général m'inspirent aussi. Je suis pas mal d'artistes sur les réseaux sociaux, comme Annette Marnat, Maruti Bitamin ou Ellen Surrey. ». Elle apprécie le thé au jasmin et les cookies, peut-être pour tenir durant ses longues journées de travail.
L'illustratrice n'a pas de journée type. Tout pour elle, est une question d'organisation : « En général, la première chose que je fais en me levant, c'est mon planning de la journée. ». Après des matinées consacrées aux tâches administratives, Sibylline Meynet travaille sur plusieurs projets de 14h à 20h. « Il m'arrive souvent d'arrêter ma journée de travail à minuit ». La vingtenaire dessine aussi bien sur papier que sur l'ordinateur pour ses différents travaux : « Le papier est plus naturel, mais dessiner sur l'ordinateur est bien plus rapide lorsque l'on a des deadlines. ». Sibylline Meynet est très présente sur les réseaux sociaux, où elle poste de nombreuses illustrations.
Collaborations avec ses deux soeurs
En juin dernier, avec Salomé Joly, une étudiante genevoise, elle a publié son premier album, Silencieuse(s), une BD militante sur le harcèlement de rue. Sibylline Meynet est également l'auteur d'un artbook, stars, et d'un livre My Lovely Cakes publié aux Editions de la Martinière avec sa sœur, Laureline. Il lui arrive aussi de faire des workshops devant des étudiants. Elle prépare actuellement une nouvelle bande dessinée avec son autre sœur, Apolline, au scénario. « Rien à voir avec la BD Silencieuse(s) », indique t-elle. « C'est un projet sur lequel nous travaillons depuis deux ans et qui nous tient vraiment à cœur. J'espère pouvoir en parler plus très vite ! ».

Silencieuse(s), une BD militante

Sibylline Meynet, dans les pas de son père...

Parue en juin dernier, la BD raconte différentes situations de harcèlement vécues au quotidien par des jeunes filles qui peuvent être dans la réalité notre copine, nos filles, notre sœur, la petite amie d'un de nos proches. Silencieuse(s) vise à sensibiliser sur ces comportements. « C'est Salomé Joly qui est à l'origine de ce projet. Elle a écrit un journal intime fictif pour son projet de fin d'études, le journal d'Anaïs, une ado qui subit le harcèlement de rue au quotidien » relate la dessinatrice, qui voulait « illustrer ces situations dans lesquelles (ses) soeurs, (ses) amies et (elle-même) » se sont retrouvées « bien des fois. » « Un ami de la famille de Salomé a fait le lien entre elle et notre éditeur. Puis l'éditeur m'a contactée pour mettre cette histoire en images. »

Vincent Malaguti


L’Ecole de Journalisme de Genève



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28/11/2016
Sophie Cusin, Léa Presgurvic et Justine Schorpp
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