L’écologie au service du Capital

Mercredi 12 Juillet 2017

La manière dont le « oui » populaire a été célébré par la Gauche helvétique le lendemain du scrutin sur la "Stratégie énergétique 2050" doit être l’occasion de revenir sur l’état actuel de ses activités et sur la distance qui les sépare de ses intentions premières. Commentaire.


Photo d'illustration. PIXABAY /
Photo d'illustration. PIXABAY /
Au lendemain de la votation sur la « Stratégie énergétique 2050 » acceptée par 58.2% des Suisses, les Khmers verts fanfaronnent. Une victoire supplémentaire pour le patronat et les lobbys énergétiques, fêtée par le président socialiste de Swisspolar, Roger Nordmann. Le conseiller national vaudois n’est plus à un paradoxe près.
 
Cette victoire et la manière dont elle a été célébrée par la Gauche doit nous questionner. Historiquement chargé de défendre les travailleurs, qu’il a abandonnés, le parti de la rose est progressivement passé du combat social aux luttes sociétales. Les transformations stratégiques de ce camp politique nous permettent de constater aujourd’hui la distance qui sépare ses intentions originelles de ses activités contemporaines.
 
La Gauche du Capital, qui assume désormais les aspects moraux et culturels de ce dernier, se révèle dans toute sa perversité. Incapable d’articuler un progressisme social et anticapitaliste, la Gauche n’est plus que l’instance morale et permissive du processus d’accumulation du capital. « Vous pouvez produire et exploiter, mais conformément aux lois de Mère Nature ! » Le temps où elle appelait à l’union des travailleurs contre la domination politique et économique des possédants semble révolu. Depuis mai 68, les fines analyses sociales effectuées par les différents mouvements socialistes, qui faisaient leur richesse, semblent avoir laissé la place à une Gauche de slogan dogmatique et bourgeoise.
 
Tantôt la guerre, tantôt la crise, tantôt l’écologie. Le Capital a besoin, pour sa reproduction, de renouveler en permanence ses marchés. Le philosophe communiste et avant-gardiste Michel Clouscard avait déjà vu dans la « contre-révolution de 68 » une aubaine pour le capitalisme. Il ouvrait le marché du désir. L’écologie, tant qu’elle ne sera pas articulée à un combat social plus large, restera le nouveau joujou des marchands du Temple vert.

Samy Burion


L’Ecole de Journalisme de Genève



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Suisse
28/11/2016
Sophie Cusin, Léa Presgurvic et Justine Schorpp
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