« Il ne faut pas se laisser mettre sous pression par l’UE »

Dimanche 14 Octobre 2018

Invitée par l’association des étudiants de l’UNIL, l’ancienne conseillère fédérale rappelle la nécessité pour la Suisse de rester souveraine en matière de droit constitutionnel. Ainsi la Confédération ne doit pas céder à la pression exercée par l’UE pour arriver à un accord cadre institutionnel.


« Aujourd’hui, la première priorité pour la Suisse est la politique européenne. Mais, il ne faut pas se laisser mettre sous pression par l’UE au niveau du temps » lance Micheline Calmy Rey, déterminée. Pour l’ancienne ministre des affaires étrangères, précipiter la conclusion d’un accord-cadre avec l’UE ne serait pas bénéfique pour la Suisse.
Il s’agit au contraire de préserver la souveraineté du pays en gardant la primauté du droit suisse. En effet, l’UE exige qu’un accord institutionnel soit conclu avec la Suisse avant la fin de l’année. Cela afin de fixer un cadre permettant de fluidifier les accords avec la Confédération, considérant que les voies bilatérales adoptées jusqu’à présent, sont inadaptées à l’évolution du droit européen. 
Entretenir les relations avec l’UE
Mais si la Suisse ne doit pas céder au chantage de l’UE, elle ne doit pas pour autant camper sur ces positions. Elle doit continuer les discussions et aller de l’avant pour trouver un accord commun. « La Suisse doit vraiment s’accrocher aux négociations. Il ne s’agit pas de polémiquer mais d’arriver à un résultat qui puisse satisfaire toutes les parties. Car l’UE est notre premier partenaire économique. Il est donc vital pour notre bien-être de rester en bons termes avec eux.».
Rester le partenaire économique de l’UE ? Oui, mais pas à n’importe quel prix. Il s’agit de maintenir le dialogue mais ne pas se laisser prendre à la gorge par les pressions exercées. Cependant, elle reste confiante : « La politique suisse est pragmatique. Face à l’UE, il faut que nous soyons malins. Il faut être capable de rassembler la volonté générale pour trouver un consensus. Et par la suite, mettre en place des voies pour faire front avec l’UE. »
Préserver les intérêts suisses
 Et de rappeler que la Suisse « a toujours réussi à préserver (ses) intérêts », avec  un taux de chômage bas et des les salaires parfois deux fois supérieures à ceux d’autres pays européens.  Micheline Calmy Rey reconnaît toutefois que la Suisse ne possède pas les moyens de mener une politique de rapport de force. « Parfois c’est agaçant. Nous sommes dans une relation asymétrique et non dans une relation égalitaire. » même si la Suisse dispose de leviers d’influence : « Nous sommes d’honnêtes négociateurs, nous négocions toujours et sans arrêt ». Cela grâce à la diversité du pays. « Le modèle suisse propose certaines choses qui méritent qu’on s’y attarde, particulièrement lorsque la diversité est le grand enjeu de notre époque contemporaine ».

Gwendoline Walder


L’Ecole de Journalisme de Genève



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