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Et si le combat d’Anonymous contre Daech était dangereux ?

Lundi 7 Décembre 2015

Après les événements dramatiques survenus à Paris le 13 novembre dernier, les hacktivistes de Anonymous se lancent dans une cyberguerre contre l’Etat Islamique, affirmant avoir fait fermer plus de 5'000 comptes sur les réseaux sociaux. Reste que cette démarche peut être complètement contre-productive.


« Les actions des pirates d’anonymous ne sont pas forcément une aide dans la lutte contre le cyber-djihadisme », déplore Stéphane Koch, spécialiste en gestion stratégique de l’information, en criminalité économique, formateur et expert dans plusieurs instituts en Suisse et en France.
De nombreux comptes, notamment sur Twitter et Facebook, sont connus et surveillés par le gouvernement, avec un intérêt évident, selon Stéphane Koch: « Les interactions entre ces comptes sont riches d'enseignement, cela permet de détecter les têtes pensantes parmi la masse de petits soldats ».
Les garder actifs, permet en effet à la sécurité intérieure de suivre l’évolution des groupes terroristes et aiderait à établir des liens entre des personnes qui se radicaliseraient via internet et les recruteurs du groupuscule terroriste.
En outre, les comptes qui se retrouvent fermés sont, pour la plupart, rouverts sous une autre identité, ce qui n’aide pas à la surveillance de personnes « à risque ». La suppression de ces informations empêche également de les collecter et de les analyser.
Les actions des Anonymous seraient, de plus, susceptibles de mettre en avant des failles dans les systèmes de sécurité de l’Etat Islamique, aidant «  Daesh à préparer une défense informatique », rendant alors plus difficiles les investigations des gouvernements.
« Bien que dénoncer et faire fermer de nombreux comptes pro djihadistes permet d’endiguer légèrement la propagande du groupe, cela n’a pas de réel impact sur ses activités. La vraie utilité serait plutôt qu’ils trouvent un moyen de surveiller les différents financements du groupe terroriste »,  conclut Stéphane Koch.
 

Des compétences informatiques limitées

La crédibilité des hacktivistes d’Anonymous est elle aussi, largement controversée. Le groupe est formé d’inconnus pouvant se situer sur la quasi totalité de la surface de la terre. Même s’ils sembleraient avoir quelques spécialistes informatiques à la tête de leur organisation, la plupart de ceux qui adhèrent à ce mouvement auraient des connaissances limitées, ceci d’autant que les moyens utilisés par les hacktivistes sont semblables à ceux utilisés par les cyber-djihadistes. Rien n’assure alors que le groupe soit réellement en mesure d’assumer ou de répondre à une réplique digitale de Daech.

Shannon Mary Duss


L’Ecole de Iournalisme et de Communication de Genève



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