Des Genevois marchent pour défendre le droit d’asile

Mardi 12 Février 2019

Genève - Vendredi soir 25 janvier, plus de 200 personnes ont manifesté pour dénoncer le durcissement des conditions d’accueil en Suisse. Le 1er avril 2019, la restructuration de l’asile acceptée par le peuple en octobre 2016 entrera en vigueur. De nombreux citoyens s’insurgent face à certaines conditions imposées.


« Cette loi sur l’asile qui entrera en vigueur en avril 2019 fera reculer la Suisse d’au moins trente ans. La loi sur l’immigration est celle qui a le plus changé au cours des années depuis son entrée en vigueur », s’attriste Jacques, étudiant en droit à l’université de Genève qui se bat becs et ongles « contre l’injustice ». Une restructuration de l’asile qui consiste à accélérer une partie des procédures. Tout en diminuant le délai de recours de 30 à 7 jours. Une situation qui pour certains, est inacceptable.
Ainsi, autour de la place Neuve, pendant que la nuit tombe sur Genève, des manifestants se rassemblent. Citoyens suisses, demandeurs d’asile, réfugiés et déboutés, tous sont ensemble et unis. Dans un froid hivernal, des discours contre les violations des droits humains retentissent. « Le système de loi est contraire aux droits humains », s’exclame Nicolas, membre du groupe Espace perce frontière, une association qui est à l’initiative de l’évènement. Les discours se succèdent et différentes organisations telles que Unia prennent la parole pour défendre les droits des migrants.
La marche démarre
S’ensuit le départ du cortège, encadré par une police calme qui se déplace à moto ou à pied. Alors, chacun allume sa torche pour s’éclairer dans le noir, puis s’éloigne de la place Neuve au rythme de la musique : du rap, du reggae ou même de la soul. Plus de deux-cent personnes se suivent à travers les rues de Genève, hurlant tantôt des slogans en anglais, « No nation, no border, no more deportation », « Say it loud, say it clear, refugees are welcome here », tantôt d’autres en français. « Pierre par pierre, mur par mur, détruisons les centres de détention », « Poggia la presse le dit, les centres fédéraux c’est fini ».
La foule traverse le centre-ville
Pas le temps de s’arrêter. Les participants hurlent et crient pour montrer leur mécontentement face à la politique migratoire de la Suisse. Tout le monde longe avec entrain la rue de Corraterie avant d’arriver sur Bel Air, puis passe par le quai des Bergues et la rue Rousseau, avant de traverser le tunnel du passage des Alpes. La manifestation se termine au parc des Cropettes, non loin de la gare Cornavin, où un dernier discours est prononcé.
« Les conditions d’accueil des demandeurs d’asile en Suisse sont inacceptables. Rien n’est mis en place », s’insurge quant à elle Julie, jeune étudiante en sociologie qui participe avec ces amis à cette marche. Puis les participants se dirigent vers le bar l’Ecurie, pour y déguster une soupe dans une atmosphère multiculturelle. Chacun espère alors que cet évènement fera réagir les politiciens.

Restructurer l’asile pour expulser plus facilement

Le 1er avril 2019, la restructuration de l’asile acceptée par le peuple en octobre 2016 va entrer en vigueur en Suisse. Les membres du groupe Espace perce frontière estiment qu’il s’agit bien d’une accélération des procédures d’asile qui est, non pas en faveur des requérants, mais bel et bien un durcissement d’une loi déjà existante. La diminution du délai de recours que les personnes ont à leur disposition pour s’opposer à une éventuelle première décision négative passera de 30 à 7 jours. L’aide juridique gratuite pour les personnes en procédure accélérée sera payée par l’organe chargé de rendre les décisions (le secrétariat d’Etat des migrations) et les demandeurs d’asile vivant dans les centres fédéraux subiront des restrictions de liberté.
 

Olivia Zufferey

L’Ecole de Iournalisme et de Communication de Genève




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