Insultes à tout va, punchlines plus piquantes les unes que les autres, une cacophonie incontrôlée, voilà ce qui ressort des observations des débats actuellement programmés sur des chaînes de télévisions, de radios ou encore dans la presse écrite. La violence, la virulence des propos, l’agressivité avec laquelle des participants assoient leur propre vérité sont des phénomènes de plus en plus perceptibles pour Olivier Christin, professeur en histoire moderne à l’Université de Neuchâtel et directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études en France. « On constate que le débat publique ne fonctionne plus comme il le devrait. Que ce soit aux Etats-Unis, en France ou même en Italie, on observe une recherche de bon client à buzz, du clash, bref d’un échange sanglant. » Même si une pareille intensité a déjà existé auparavant, que faudrait -il entreprendre pour apaiser ces dérives journalistiques actuelles ?
Pluralité
Le choix des intervenants et la pluralité de ceux-ci lors des débats organisés par la presse sont deux points primoridaux à prendre en compte, selon Sylvain Bourmeau, professeur associé à l’École des hautes études en sciences sociales et directeur du journal AOC. Il relève : « Ne pas inviter n’importe qui fait partie de notre travail de journaliste. Dans le cas de débats scientifiques, donner la parole à des scientifiques incompétents entrave le débat. Ce n’est plus une question d’échange d’opinions si le choix des intervenants ne rentre pas dans un processus journalistique de se rapprocher de la vérité. »
Même discours concernant une redondance dans le choix de personnes retenues pour débattre, souvent expertes en matière de communication, et que l’on peut voir à longueur de temps sur les plateaux de télévision. Esther Mamarbachi, cheffe de la rubrique politique à la RTS et ex-productrice d’Infrarouge appelle également à diversifier les intervenants. Même si elle assume inviter de « bons clients » qui attirent l’attention par leurs punchlines aiguisées et sont donc « vendeurs », « il reste nécessaire de faire venir une pluralité de personnes différentes, d’autant plus celles qui ont déserté ces débats comme les universitaires ou les femmes en Suisse. C’est un effort que nous devons tous faire. »
L’éducation au centre de ce changement
Ce changement, cet effort, il est primordial de l’enseigner aux futurs professionnels des médias. Selon nombre d’experts, les écoles de journalisme francophones prennent en tout cas cette direction. « Nous apprenons à nos élèves à réfléchir à qui donner la parole. Aux institutions, aux politiques ou d’aller chercher plus loin d’autres sources » souligne Annik Dubied, professeure ordinaire à l’Académie du journalisme et des médias de Neuchâtel. Autre enseignement primordial pour Florian Tixier, professeur à l’Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine : apprendre à se défaire des canons journalistiques, à les faire évoluer.
Ainsi, un phénomène fréquemment observé par nombre d'observateurs est la tendance à choisir deux personnalités diamétralement opposées pour provoquer l’affrontement d’opinions. Des débats généralement stériles et agressifs et qui permettent au journaliste de créer du buzz et de ne pas s’exposer. « Ce que j’enseigne à mes élèves, c’est d’arrêter de se cacher derrière ce procédé et aussi d’assumer leur subjectivité pour trouver d’autres manières de mener un débat” » explique-t-il. Apprendre à changer les formats de débats actuels dès l’école pourrait permettre à ces derniers d’évoluer et de peut-être rétablir une certaine sérénité à l’avenir.
Pluralité
Le choix des intervenants et la pluralité de ceux-ci lors des débats organisés par la presse sont deux points primoridaux à prendre en compte, selon Sylvain Bourmeau, professeur associé à l’École des hautes études en sciences sociales et directeur du journal AOC. Il relève : « Ne pas inviter n’importe qui fait partie de notre travail de journaliste. Dans le cas de débats scientifiques, donner la parole à des scientifiques incompétents entrave le débat. Ce n’est plus une question d’échange d’opinions si le choix des intervenants ne rentre pas dans un processus journalistique de se rapprocher de la vérité. »
Même discours concernant une redondance dans le choix de personnes retenues pour débattre, souvent expertes en matière de communication, et que l’on peut voir à longueur de temps sur les plateaux de télévision. Esther Mamarbachi, cheffe de la rubrique politique à la RTS et ex-productrice d’Infrarouge appelle également à diversifier les intervenants. Même si elle assume inviter de « bons clients » qui attirent l’attention par leurs punchlines aiguisées et sont donc « vendeurs », « il reste nécessaire de faire venir une pluralité de personnes différentes, d’autant plus celles qui ont déserté ces débats comme les universitaires ou les femmes en Suisse. C’est un effort que nous devons tous faire. »
L’éducation au centre de ce changement
Ce changement, cet effort, il est primordial de l’enseigner aux futurs professionnels des médias. Selon nombre d’experts, les écoles de journalisme francophones prennent en tout cas cette direction. « Nous apprenons à nos élèves à réfléchir à qui donner la parole. Aux institutions, aux politiques ou d’aller chercher plus loin d’autres sources » souligne Annik Dubied, professeure ordinaire à l’Académie du journalisme et des médias de Neuchâtel. Autre enseignement primordial pour Florian Tixier, professeur à l’Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine : apprendre à se défaire des canons journalistiques, à les faire évoluer.
Ainsi, un phénomène fréquemment observé par nombre d'observateurs est la tendance à choisir deux personnalités diamétralement opposées pour provoquer l’affrontement d’opinions. Des débats généralement stériles et agressifs et qui permettent au journaliste de créer du buzz et de ne pas s’exposer. « Ce que j’enseigne à mes élèves, c’est d’arrêter de se cacher derrière ce procédé et aussi d’assumer leur subjectivité pour trouver d’autres manières de mener un débat” » explique-t-il. Apprendre à changer les formats de débats actuels dès l’école pourrait permettre à ces derniers d’évoluer et de peut-être rétablir une certaine sérénité à l’avenir.