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Cynthia Illi «Je déteste l’injustice et je fais tout pour y remédier»

Jeudi 5 Mai 2022

Comment fait-on quand on veut sauver le monde ? On se bat tous les jours à l’image de Cynthia Illi, coprésidente des Jeunes Vert·exs Vaud. Rencontre avec une jeune femme de 24 ans, jonglant entre sa grande sensibilité et une force imperturbable à toutes épreuves.


Dès leur naissance, il y a des êtres humains qui viennent au monde avec la faculté, le don même, particulière du samaritain. Cest le cas de Cynthia Illi. Un cadeau à double facette, certes, mais bien utilisé, qui se révèle une arme formidable pour traverser la vie et aider les autres à faire de même. « Empathie, générosité, justicière, engagée… » Voilà les nombreuses et honorables qualités évoquées par Pia, la mère de Cynthia. Elle na pas tort. Dès son plus jeune âge, il y a une chose que Cynthia déteste au plus profond de sa chair : linjustice. «Plus jeune, je me suis retrouvée tellement de fois dans le bureau du doyen pour mon comportement insolent. En réalité, je prenais juste la défense des autres et nhésitais pas à répondre au professeur. Lautorité, ça ne me faisait pas peur, ma mère étant professeur dallemand dans mon école, je savais que je men sortirais toujours», raconte-t-elle avec tendresse pour lenfant déterminée quelle était.
À fleur de peau
Néanmoins, cette empathie cache une hypersensibilité qui lui joua de multiples tours. « À trop vouloir en faire, à débouler dans la vie des gens tel un tourbillon, elle sest souvent épuisée à la tâche » confie sa mère. Et si Cynthia a une grande aisance à saisir les besoins de ses congénères, elle est de nombreuses fois blessée quon ne comprenne pas les siens. Comme écorchée par les actes des autres, elle a dû vite apprendre à se protéger.
Un voyage entrepris à l’âge de ses 17 ans va laider à prendre ce chemin. Elle part en 2014 pour lAustralie dans le cadre de ses études gymnasiales pour neuf semaines. Un périple qui va changer sa vie. La jeune femme vit chez lhabitant et rencontre sa correspondante, Ruby. « Cette rencontre est précieuse, car Ruby va métamorphoser ma perspective sur le monde et maider à avancer sur ce chemin de lapaisement » Cynthia sy plaît tant quelle repart au pays des kangourous, deux ans plus tard, pour une année entière. Pourtant, à son retour, une épreuve douloureuse lattend.
Entre la vie et la mort
« Jai failli mourir en rentrant dAustralie » révèle la jeune femme. Et par deux fois. Elle finit alitée à lhôpital pour un problème aux amygdales, puis pour une septicémie quelle contracte lors dun voyage en Europe de lEst en août 2018. Entre ces deux moments dramatiques de sa vie, la jeune femme avoue avoir souffert dune dépression liée à un burn-out. « Je nai pas pris le temps de digérer mon premier passage en clinique. Jai continué ma vie, mais mon corps lui, nest pas passé à autre chose aussi vite » lance Cynthia. Des propos confirmés à nouveau par sa mère. «  Elle apprend gentiment, mais parfois au prix de sa santé, à mettre des limites et à les respecter ».
Se battre, oui, mais pas à nimporte quel prix. Pour continuer à aider les autres, Cynthia devait commencer par se respecter. Un travail de longue haleine, avoue-t-elle, et qui est loin d’être fini.
Lengagement politique, une évidence
Si elle s’était rendue compte très tôt du sexisme et de linjustice sociale qui règnent dans notre société ainsi que des catastrophes liées à la crise climatique, cest dès son entrée à luniversité que son implication dans la lutte contre ces problèmes sociaux va sintensifier. Elle entreprend un bachelor en sciences de lenvironnement en septembre 2018. Une brèche souvre et Cynthia se lance dans lactivisme sous la houlette dExtinction Rebellion Lausanne, la branche lausannoise du mouvement international « dont lunique but est dapporter une justice écologique, climatique et sociale » comme on peut le lire sur leur site internet. Ils sont notamment connus pour leurs actions de désobéissance civile. Cynthia y voit lopportunité de participer au changement. Un acte presque inévitable pour son ami Maël Fidanza, coprésident des Jeunes Vert·exs Vaud :« Cynthia est quelquun de très sensible et elle a parfaitement conscience des enjeux sociétaux auxquels nous faisons face. Je dirais que combiné à cette force qui lanime et cette fidélité quelle a vis-à-vis de ses convictions, lactivisme sest présenté comme une nécessité. »
Pourtant, très vite, ce mode de vie la fatigue. Cest trop. « Pendant mes études sur lenvironnement, jai compris dès la première année que si nous ne réunissions pas nos forces pour prévenir la catastrophe écologique que nous encourons, nous allions tous crever. Jai eu besoin de mengager pour calmer mon éco-anxiété grandissante. Mais la désobéissance civile ma épuisée autant physiquement que mentalement » révèle la jeune femme. Dans ce sens, Cynthia a trouvé un nouveau chemin pour continuer son combat : la politique. Aujourdhui, elle avoue se sentir plus utile dans son rôle de coprésidente des Jeunes Vert·exs Vaud. « Sans cette rage et cette colère qui sont  inhérentes au militantisme, il est nettement plus facile de réfléchir calmement au changement, d’écouter aussi et de transmettre à la jeune génération. Cest quelque chose qui me passionne. »
Et ce nest pas Maël qui dirait le contraire : « Je crois que ce quelle aime particulièrement, cest partager avec les autres, échanger, discuter… ». Une voie dans laquelle elle compte continuer avec une carrière dans la coopération internationale et dans l’écriture de livres, peut-être. Peu importe finalement, la jeune femme noublie pas son but principal : aider. Mais sans soublier. 
 
 

Fanny Graf


L’Ecole de Iournalisme et de Communication de Genève



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24/01/2018
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