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Christian Eichenberger : «En Suisse, les jeunes pilotes ne sont pas assez soutenus»

Lundi 22 Mars 2021

La Formule 1 reprendra ses droits le 26 mars prochain à Bahreïn et pour la 10ème saison consécutive, aucun pilote Suisse ne sera présent dans la plus grande compétition du sport automobile. Pour Christian Eichenberger, responsable de la communication chez Auto Sport Suisse et ancien journaliste ayant couvert plus de 150 Grands Prix, la Suisse n’est pas près d’avoir un pilote en Formule 1.


Cette année, aucun Suisse n’aura de volant en F1. Comment expliquez-vous cela ?
Notre pays n'a pas été représenté en Formule 1 par un licencié suisse depuis Sébastien Buemi (2009-2011). Romain Grosjean conduisait avec une licence française et était également perçu comme tel en Suisse alémanique. Nous sommes un petit pays comparable à l'Autriche qui n'a pas eu de pilote de Formule 1 sur la grille depuis 2010. Et imaginez juste : L’Italie, un grand pays du sport automobile, n'a pas eu de pilote en F1 pendant cinq ans, de 2012 à 2016 !
 
Pourtant, le Genevois Louis Delétraz a failli faire le grand saut…
J'ai beaucoup regretté que Louis Delétraz ne fasse pas le pas vers la Formule 1 après quatre ans en Formule 2. Lorsque HaasF1 a eu besoin de remplacer Grosjean fin 2020, après son accident, ils ont préféré prendre le Brésilien Pietro Fittipaldi (comme Delétraz, pilote remplaçant chez HaasF1 à l'époque) et l’argent qu’il a apporté.
 
Le nombre de licenciés en Suisse est-il suffisant pour pouvoir prétendre à une place en Formule 1 ?
C’est vrai, le nombre de pilotes licenciés a beaucoup à voir avec le nombre de pilotes qu'un pays peut éventuellement aligner en F1. Un pays qui compte beaucoup de jeunes pilotes de karting a ainsi plus de chances de se retrouver un jour en Formule 1. Mais l'exemple de l'Italie de 2012 à 2016 montre qu'il n'y a pas de corrélation directe. C'est plutôt une question de soutien et de ressources financières. Et puis il faut aussi beaucoup de chance.
 
Une question de soutien et de ressources financières ?
Il y a clairement un manque de soutien. La France, par exemple, possède une industrie automobile florissante. Il est donc logique qu’elle mette à disposition des fonds dont nous ne pouvons que rêver en Suisse. Cela étant, bien que la Suisse ait une tradition de course et continue à produire des talents, la volonté des grandes entreprises suisses de les soutenir est très faible. Cela tient peut-être au fait qu’apparemment, les courses en Suisse ne sont acceptées par le grand public que si elles sont "vertes". Finalement, de nombreux pilotes de course ont du succès et ne peuvent gagner leur vie dans ce sport aujourd'hui que parce que leurs parents ou un mécène leur ont fourni les ressources financières nécessaires.
 

Ethan Fasnacht


L’Ecole de Iournalisme et de Communication de Genève



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