Vers une redéfinition de la neutralité suisse ?

Dimanche 1 Février 2026

La Suisse voit sa neutralité mise sous pression alors que les tensions commerciales entre
les États‑Unis et la Chine s’intensifient. Malgré une trêve négociée à Genève, l’incertitude
demeure et menace des secteurs clés comme la pharmaceutique ou l’horlogerie. Berne a
obtenu une baisse des droits de douane américains, mais au prix d’engagements
d’investissements massifs. L’alignement récent de la Suisse sur les sanctions européennes
relance le débat interne sur les limites de sa neutralité


En 1815, la neutralité perpétuelle de la Suisse a été reconnue lors du congrès de Vienne,
puis elle a été juridiquement ratifiée avec les conventions de la Haye en 1907.
Aujourd’hui dans un environnement international marqué par une intensification des rivalités
entre les grandes puissances, la Suisse se retrouve dans une position toujours plus délicate.
Le pays, qui cherche à protéger ses intérêts, navigue entre tensions commerciales,
pressions diplomatiques et dépendance économique. La neutralité helvétique, un pilier
historique de la politique étrangère du pays, est aujourd’hui questionnée.
Avec l’approche des élections américaines de mi-mandat, la guerre commerciale entre les
Etat-Unis et la Chine est une question qui suscite l’attention, surtout pour la suisse et son
commerce.

Des tension commerciales préoccupantes

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche il y a un an, les relations
commerciales entre les États-Unis et la Chine se sont de nouveau durcies, les hausses des
droits de douane et les menaces de sanctions contribuent à alimenter un climat d’incertitude
économique. En mai 2025, une trêve de 90 jours, négociée à Genève, a apporté un répit
temporaire, mais les tensions restent vives en ce début d’année.

La Suisse, puissance commerciale intégrée aux marchés internationaux, n’est pas épargnée par ces bouleversements. Des superpuissances comme les États-Unis et la Chine figurent parmi ses  partenaires économiques les plus importants, notamment pour des secteurs comme la pharmaceutique, l’horlogerie ou la chimie. Une dégradation durable des relations entre Washington et Pékin aurait donc des conséquences directes sur les entreprises suisses, qui seraient contraintes de s’adapter à un environnement de plus en plus instable et politisé.
Si Berne a réussi à obtenir un accord ramenant les droits de douane sur les importations suisses de 39% à 15% fin 2025, les entreprises suisses se sont, en contrepartie, engagées à investir 200 milliards de dollars aux États-Unis d’ici 2028.

Les données du commerce extérieur montrent que les États-Unis, l’Allemagne et la Chine sont les principaux partenaires commerciaux de la Suisse pour les exportations, ce qui limite sa marge de manœuvre.




La neutralité contemporaine


Vincent Fournier