Les accidents de la route chez les jeunes, faute individuelle ou échec collectif ?

Mardi 28 Juillet 2026

La route ne sert plus seulement de voie de circulation, elle est aussi devenue une
véritable tombe visible pour les jeunes . Devrait-on attribuer toute la responsabilité
à ces individus , ou ne serait- il pas également le cas d’un système sans oublier les
parents ?


Les jeunes sont la tranche de la population qui subit le plus d’impact .

Les accidents de la route font partie des causes de mortalité les plus importantes . À 
l’échelle mondiale , ils provoquent environ 1, 2 millions de décès par an et représentent 
la première cause de mortalité chez les 5 à 29 ans . En Suisse , les données de l’office 
fédéral des routes (OFROU) montre le nombre total des jeunes adultes de 18 à 24 ans 
tués ou blessés dans des accidents avec des dommages corporels . Le total cumulé de 
2020 à 2024 est d’environs 15900 jeunes victimes (tués ou blessés). En dépit de ces 
statistiques préoccupantes dans un pays aussi avancé que la Suisse où les 
infrastructures routières sont adéquates et où des mesures strictes sont mises en oeuvre 
par les autorités publiques concernant l’octroi des permis de conduire , comment 
qualifierons-nous les pays africains qui sont en voie de développement ? N’est-il pas 
évident que les jeunes ne peuvent pas être les seuls responsables de cette situation 
déplorable ?


La famille en tant que cellule de base de la société et de valeurs authentiques .

Nous sommes conscients que le comportement de tout individu dans la société quelle 
que soit sa position est le miroir de l’environnement familial dans lequel il a grandi . Ainsi , 
dès le plus jeunes âge de l’enfant , la famille a la responsabilité importante de lui 
enseigner les valeurs essentielles qui influenceront ses décisions et sa conduite dans la 
société .
Par ailleurs , on note que l’un des facteurs familiaux qui influencent l’équilibre est un 
environnement familial stable incluant le soutient émotionnel . Une vie familiale saine et 
une sécurité économique sont capitales pour le développement de l’enfant . En 
établissant un lien avec notre sujet , n’est - il pas manifeste que l’équilibre émotionnel est 
un élément essentiel pour prévenir les accidents , en particulier chez les jeunes ? 
Cependant , en observant les comportements liés à la technoférence de notre époque , 
ne pourrait- on pas affirmer que l’aspect numérique et virtuel de la vie est comme une 
éponge qui absorbe ces moments où parents et enfants devraient être synchronisés ? Il 
est noté que les parents contemporains semblent substituer les concepts d’affection , de 
surveillance parentale et de transmission des valeurs par des présents qui pour la plupart 
mènent à des services numériques sur lesquels ils n’ont eux- mêmes aucun contrôle . 
D’après l’Unicef , dans les pays riches comme la Suisse , les enfants ont souvent accès à 
l’éducation et aux soins , mais leur bien-être émotionnel et social a reculé ces dernières 
années . Compte tenu de tout cela , peut-on réellement affirmer à l’heure actuelle que 
l’éducation parentale est le seul facteur influençant les enfants qui deviendront des jeunes 
, ou que la majorité des jeunes au volant des voitures ont réellement la compétence de 
gérer des situations de danger grave et imminent lorsqu’ils sont hors de leur zone de 
confort habituelle ?

La jeunesse , le fer de lance d’une nation doit être aux commandes de son propre destin .

On situe la fin de l’adolescence entre 18 et 25 ans sur le plan biologique , mais 18 ans est 
légalement la fin officielle dans les pays comme la Suisse et la France. Il est prouvé 
scientifiquement qu’après 18 ans le cerveau de l’adolescent continue de se developper 
jusqu’à ces fameux 25 ans notamment dans les neurones liées au jugement et au 
contrôles des impulsions. 
L’incident tragique survenu récemment à Collonge, dans l’Ain (en France voisine) 
impliquant quatre jeunes de Fribourg âgés de 16 à 18 ans qui ont hélas perdu la vie 
pourrait être un cas d’école , car ces jeunes gens étaient tous dans cet intervalle d’âges .

De plus , l’enquête fait mention de la vitesse et de la perte de contrôle du véhicule . On 
constate bien évidemment que les facteurs humains responsables de ce genre 
d’accidents incluent ces éléments mentionnés, en plus des distractions liées aux 
téléphones , GPS, à la fatigue mentale et au manque d’expérience . À ces âges , on 
pourrait déduire qu’il existe des milliers de possibilités que ces jeunes subissaient 
également les mêmes maux psychologiques que leurs pairs . Malheureusement , les 
jeunes sont souvent dépendants de la virtualité de leur existence , ce qui a un impact 
négatif sur leur comportement . On remarque une absence de patience , une difficulté à 
se concentrer et un désir d’accélérer constamment leur vie au rythmes que leur dictent 
ces algorithmes qui ne cessent de solliciter leur attention, même si il est indéniables que 
les vendeurs de ces services sont très habiles . Peut-être est- il temps que nous prenions 
conscience des défis sociétaux et sortions de cet état de torpeur vo

Le rôle des autorités gouvernementales face à cette réalité devenue un problème de santé publique .

La confédération Suisse , via l’office fédéral des assurance sociales ( OFAS) , soutient la 
plateforme nationale jeunes et médias qui vise à promouvoir les compétences 
médiatiques et numériques chez les enfants , les jeunes mais aussi chez les parents et 
enseignants . Elle vise également à fournir des informations , recommandations et outils 
pratiques pour accompagner l’utilisation des médias numériques en toutes sécurité .
Ces démarches sont appréciables , certes, mais demeurent superficielles puisqu’elles ne 
fournissent pas une véritable compréhension des nouvelles applications auxquelles les 
jeunes enfants sont confrontés . Il est évident que l’évolution constante des technologies 
engendre quotidiennement des algorithmes que les parents n’arrivent pas toujours à 
maîtriser , souvent influencés par leur perception d’internet à l’époque , qui n’ a rien à voir 
avec la cacophonie numérique actuelle , remplie de réseaux sociaux , de désinformation 
et de contenus sensibles et parfois vulgaires que nous constatons aujourd’hui . Le 
gouvernement ne devrait -il pas mettre en place des mesures d’aide concrètes pour les 
parents , en leur fournissant des ressources pour comprendre cette réalité ? En effet , 
comment pourrait- on maîtriser ce qu’on ignore ? 
De plus , on constate que des mères et les personnes âgées profitent des espaces verts 
pour les jeux des jeunes enfants et le repos des aînés . Cependant , il arrive fréquemment 
que les jeunes et les adolescents soient laissés à leur propre sort . Si l’on veut les 
déconnecter de cette virtualité qui implique parfois des retrouvailles avec leurs amis , il 
serait peut-être judicieux de réfléchir à la création d’espaces concrets qui faciliteraient leur 
interaction physique . Ne devraient-ils pas recevoir autant d’attentions que les autres 
segments de la population ? Quel éclairage peut-on apporter sur cet oubli ?

Victorine Messina Ateba